art-et-yoga

Pratiquer en conscience, vivre avec clarté.

Actualité

Reprise du Pilates après une chirurgie du dos : les leçons du parcours de Kim Young-ok

L'actrice sud-coréenne Kim Young-ok, 88 ans, a publié le 2 septembre 2026 la vidéo de sa première séance de Pilates après une opération de la colonne vertébrale, comme le rapporte PasseportSanté.

mis à jour 04 septembre 2026

Reprise du Pilates après une chirurgie du dos : les leçons du parcours de Kim Young-ok

Son témoignage dépasse l'anecdate people: il met en lumière un schéma postural — report de charge latéral, perte de proprioception, raideur asymétrique — que l'on retrouve dans la majorité des dossiers post-chirurgicaux. Pour qui pratique ou enseigne le yoga postural, ce cas sert de point de départ concret pour interroger la reprise du mouvement après chirurgie du dos.

Un déséquilibre latéral classique après opération discale

L'actrice indique avoir été opérée d'un disque vertébral à 65 ans. Elle décrit depuis un engourdissement persistant du pied gauche — une sensation de décharge électrique — et un report de charge croissant sur le côté droit. Ce tableau est fréquent: le corps protège la zone opérée, le bassin pivote, les paravertébraux se contractent de façon asymétrique, la chaîne latérale prend le relais. Résultat: amplitude de hanche qui fond, marche déséquilibrée, raideur installée.

Côté tapis, on retrouve le même mécanisme chez les pratiquants opérés du rachis: flexion diminuée, rotation interne compensée du côté opposé, proprioception plantaire effacée. Le Pilates, par son gainage profond et la respiration thoracique qu'il impose, peut aider à recréer une sangle abdominale stable — à condition de partir d'un bilan. Sans évaluation préalable, l'exercice renforce aussi bien les déséquilibres que les appuis justes, et la « reprise » devient une aggravation déguisée.

Reprendre sans aggraver: trois points de vigilance

Avant toute reprise après chirurgie du dos, trois vérifications s'imposent, quel que soit l'âge.

D'abord, l'accord médical. Ni kinésithérapeute, ni instructeur de yoga, ni coach ne peut se substituer à l'avis du chirurgien sur la consolidation tissulaire. On ne reprend pas sur la base d'un ressenti: on reprend sur la base d'un feu vert explicite.

Ensuite, l'observation de la symétrie en charge. Debout, on évalue la répartition du poids: un report supérieur à 60 % d'un côté signale une compensation active à corriger en priorité. On teste aussi la flexion avant: un écart marqué entre les deux côtés révèle une raideur unilatérale que toute posture symétrique laissera passer.

Enfin, la progressivité des amplitudes. On démarre sur du gainage adapté, pont busté, respiration costale — avant tout travail de flexion profonde du tronc. Les signaux d'arrêt sont connus: douleur aiguë, fourmillements nouveaux, perte de contrôle moteur. On stoppe, on consulte, on n'attend pas que la gêne devienne une lésion.

Le parcours de Kim Young-ok le rappelle sans le dire: le silence corporel n'est jamais neutre. Plus la reprise tarde, plus le schéma s'enracine dans le fascia, dans la posture, dans le geste. À tout âge, un programme individualisé, encadré, et construit sur un bilan postural reste la seule voie pour transformer une reprise contrainte en pratique durable.

La suite du dossier